Pour un monde plus doux
Pour les chiens
Pour nous
L’éducation positive m’a sauvée
Elle a changé mon regard sur moi… et sur le monde.
Pas seulement dans ma relation avec les chiens, mais dans ma relation avec moi-même. Toute ma vie, on m’a reproché d’être « trop » : trop sensible, trop gentille, trop énervée, trop intense, trop différente. On m’a montrée du doigt, jugée, on m’a laissé tomber, abandonnée. J’ai grandi avec cette impression d’être toujours « en trop », jamais assez bien, jamais à ma place. J’essayais de créer du lien, de sauver les autres, de réparer les morceaux cassés autour de moi… Aujourd’hui, je sais que c’était moi que j’essayais de sauver.
J’ai été violentée. Physiquement. Psychologiquement. On a tenté de me formater, de me faire entrer dans des cases qui n’étaient pas les miennes. On a voulu que je devienne ce que les autres attendaient, sans jamais se demander qui j’étais vraiment. On a essayé de modeler mes pensées, de me détourner de moi-même. On m’a fait croire que je devais être autrement. Et pourtant, au fond de moi, il y avait toujours cette petite voix. Faible, mais tenace. Une voix qui refusait de s’éteindre, celle qui m’a empêché de m’abandonner. Celle qui disait : « Tu as le droit d’être toi « . Tu as le droit d’exister différemment. »
Puis, un jour, la vie m’a tendu un fil. Un cadeau inattendu : l’éducation positive des chiens.
À travers elle, j’ai appris la patience, l’écoute, la compréhension. J’ai découvert que l’on pouvait accompagner sans contraindre. Guider sans dominer. Aimer sans conditionner. Et alors que j’apprenais à respecter l’autre dans son individualité, j’ai commencé à me respecter, moi aussi. À guérir. À me comprendre. À m’accepter.
Ce n’est pas juste une méthode, c’est un bouleversement. En apprenant à comprendre, à écouter, à accompagner un chien dans le respect de ce qu’il est profondément, je me suis autorisée à me poser les bonnes questions sur moi-même.
J’ai plongé dans une introspection que je n’aurais jamais imaginée. J’ai commencé à voir comment ma propre enfance avait tenté de me conditionner. Comment, depuis toujours, on m’avait appris à répondre aux attentes des autres, à rentrer dans les moules, à nier ce que j’avais de beau et de vivant en moi. Jamais on ne m’avait donné les bons outils pour faire émerger mon potentiel. On m’avait appris à obéir, pas à m’épanouir.
Grâce à l’éducation positive, j’ai compris. J’ai modifié mes comportements, j’ai appris à m’observer avec plus de douceur. J’ai arrêté de me juger comme on m’avait appris à le faire. J’ai commencé à me respecter.
L’éducation positive ne m’a pas seulement permis d’éduquer des chiens. Elle m’a permis de me rééduquer moi, avec bienveillance. De me reconstruire. De me libérer.
L’éducation positive ne m’a pas seulement appris à mieux vivre avec les chiens.
Elle m’a appris à mieux vivre, tout court. Aujourd’hui, je sais que j’ai eu raison de m’écouter, de m’accrocher à cette petite voix parfois tremblotante. Ce chemin prend du temps. Il est fatiguant. Parfois douloureux. Mais il est essentiel. Et il mène à la liberté. Alors, je souhaite transmettre le message suivant à chaque humain prêt à entendre :
N’enfermons plus aucun être vivant dans son comportement.
Chacun a en lui les capacités d’évoluer, il suffit de respecter son rythme.
Il suffit parfois d’être regardé autrement… pour oser devenir soi.
Apprend à écouter et à observer avec empathie et patience.
Restez dans l’amour de vous-même vous aidera à aimer vrai.
Isabelle Soulignac